Sante

Sommet One Health : L'impact de l'agression environnementale sur la santé humaine et animale

Le Sommet One Health, qui se tiendra à Lyon du 5 au 7 avril 2023, mettra en avant l'interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Marc Prikazsky, PDG de Ceva Santé Animale, soulignera l'importance d'une approche intégrée face aux zoonoses et aux défis de la santé publique, tout en abordant les enjeux de financement des initiatives de médecine préventive animale.

03 Apr 2026
4 min de lecture
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Le Sommet One Health, soutenu par Emmanuel Macron, se déroulera à Lyon les 5, 6 et 7 avril 2023. Ceva Santé Animale, une entreprise girondine qui se consacre à la santé animale depuis près de 20 ans, participe activement à ce sommet. Marc Prikazsky, vétérinaire de formation et PDG de Ceva, apportera son expertise sur l'interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale.

Une vision intégrée de la santé

En 2009, Ceva Santé Animale a adopté la vision « One Health », symbolisée par un nouveau logo représentant la Terre vue du ciel avec le C de Ceva la recouvrant. Cette initiative vise à souligner que la santé humaine, animale et environnementale sont étroitement liées. Le message est clair : s'occuper de l'une implique de prendre en compte les deux autres.

Un constat alarmant

Il est essentiel de rappeler que 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l'homme proviennent d'animaux. Cette statistique souligne l'importance de développer des ponts entre les différentes disciplines de la santé pour aborder les défis de manière globale. Ceva Santé Animale se concentre particulièrement sur les zoonoses, ces maladies transmissibles des animaux à l'homme.

La médecine préventive animale : une priorité

La médecine préventive animale est au cœur des préoccupations de Ceva. Les zoonoses représentent un risque majeur pour la santé publique. L'entreprise s'engage à lutter contre ces maladies en préservant la faune sauvage et les animaux domestiques. Prenons l'exemple de la rage : autrefois, la maladie était véhiculée par les renards en Europe. Plutôt que de les exterminer, Ceva a mis en œuvre un programme de vaccination orale qui a permis d'éradiquer la rage sur le continent.

Un défi mondial

La rage demeure une menace en Afrique et dans certaines régions d'Asie, tuant environ 60 000 personnes par an, principalement des enfants. Les patients atteints de rage souffrent de symptômes terrifiants, notamment l'hydrophobie. Ceva a développé un vaccin pour les chiens errants, permettant une immunité de trois ans.

Les enjeux de la médecine animale préventive

Une question cruciale se pose : qui financera ces initiatives de médecine animale préventive, surtout dans les pays à faibles ressources ? Marc Prikazsky soulignera ce point lors de son intervention au sommet. Il rappelle que l'approche « One Health » était à la base même de la médecine. Louis Pasteur, par exemple, a commencé ses recherches sur les maladies des moutons avant de se pencher sur la rage.

Le retour aux sources

Malheureusement, avec le temps, les chercheurs ont tendance à travailler en silos, perdant de vue l'interconnexion entre les disciplines. La pandémie de Covid-19 a cependant mis en lumière cette nécessité de collaboration. Les vétérinaires, en tant qu'épidémiologistes, jouent un rôle essentiel dans cette dynamique. Alors que la médecine humaine devient de plus en plus individualisée, la médecine vétérinaire nécessite une approche collective, souvent qualifiée de « médecine de guerre », visant à protéger le plus grand nombre.

Les zoonoses prioritaires

Ceva concentre également ses recherches sur plusieurs zoonoses inquiétantes, telles que :

  • Les maladies hémorragiques
  • Les virus de la grippe, en particulier ceux susceptibles de muter
  • La fièvre Q, transmissible par les bovins à l'homme, qui peut provoquer des problèmes de reproduction chez les animaux et des affections chroniques chez les humains.

Une question demeure : qui financera les vaccins pour les bovins lorsque le coût est principalement humain ? Ce questionnement se pose également au Moyen-Orient avec le MERS, transmis par les chameaux.

Vers une solution durable

Ceva propose d'aborder la question sous l'angle du risque humain. Actuellement, des discussions sont en cours avec les Baléares et les Canaries, des régions agricoles très fréquentées, pour introduire un vaccin pour les animaux afin d'assurer un tourisme sécurisé, qui pourrait être financé par le ministère de la Santé.

Conclusion

En conclusion, le Sommet One Health représente une occasion précieuse de rappeler l'importance d'une approche intégrée de la santé. Marc Prikazsky et Ceva Santé Animale s'engagent à faire avancer ce concept essentiel, conscient de la responsabilité que portent les vétérinaires dans la lutte contre les zoonoses et la protection de la santé publique.