La question de la sécurité nationale européenne est au cœur d'un rapport alarmant du groupe de réflexion Future of Technology Institute, relayé par Le Monde. Ce document met en évidence la forte dépendance des pays européens envers les services de cloud américains, qui sont utilisés pour des fonctions critiques liées à leur sécurité.
Une dépendance préoccupante
Selon les conclusions de ce rapport, plus de 75 % des pays européens s'appuient sur des solutions de cloud provenant des États-Unis. Cette situation soulève des inquiétudes majeures, notamment en cas de tensions accrues entre l'Europe et l'administration américaine. Le terme technique utilisé pour décrire ce risque est le « kill switch », qui pourrait signifier une coupure brutale de l'accès aux données et services essentiels.
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Une étude révélatrice
L'étude a été réalisée en se basant sur des données publiques, notamment celles fournies par les ministères de la Défense, des médias et des registres des marchés publics. Elle révèle que les systèmes de sécurité nationale de 23 des 28 pays analysés, comprenant les États membres de l'Union européenne et le Royaume-Uni, reposent largement sur des technologies américaines. Parmi ces pays, on retrouve des contrats significatifs avec des géants comme Microsoft, Google, Amazon et Oracle.
Les risques pour la sécurité nationale
L'étude identifie 16 pays comme présentant un risque élevé face à un potentiel « kill switch » américain. Parmi eux, on compte des nations militaires majeures telles que :
- Allemagne
- Pologne
- Royaume-Uni
Ces pays sont en effet des acteurs clés aux côtés de la France. Cette dernière, bien qu'elle soit également vulnérable, est moins exposée grâce à ses technologies logicielles nationales, comme celles développées par Thales avec son Thales Nexium Defence Cloud. Toutefois, elle court un risque moyen en raison de son utilisation de solutions américaines.
Une quête de solutions souveraines
Face à cette prise de conscience croissante, la France s'engage dans une recherche de solutions technologiques nationales ou européennes. Les entreprises américaines, conscientes de ces préoccupations, ont commencé à proposer des services de cloud qualifiés de « souverains », prétendant ainsi échapper aux potentielles menaces de l'administration américaine. Cependant, le Future of Technology Institute souligne que cette étiquette ne résout pas les problèmes de dépendance fondamentaux.
Les implications des sanctions américaines
Une autre préoccupation majeure réside dans le fait que Washington peut exiger de ses entreprises qu'elles fournissent des données stockées à l'étranger. De plus, des sanctions américaines pourraient entraîner la suspension des mises à jour de maintenance et de sécurité pour les systèmes de cloud concernés, aggravant ainsi la situation des pays européens dépendants.
Conclusion
Le rapport du Future of Technology Institute met en lumière l'importance pour les pays européens de diversifier leurs sources de technologies et de réduire leur dépendance envers les services américains. À une époque où la sécurité nationale est plus que jamais une priorité, il est crucial que l'Europe prenne des mesures proactives pour protéger ses infrastructures critiques et ses données.
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