Politique

Sécurité nationale : la dépendance des pays européens aux technologies américaines inquiète

Un rapport alarmant du Future of Technology Institute révèle que plus de 75 % des pays européens dépendent des services de cloud américains pour leur sécurité nationale, mettant en lumière le risque d'un accès coupé en cas de tensions avec les États-Unis. 16 pays, dont l'Allemagne et le Royaume-Uni, sont particulièrement exposés. La France, bien que moins à risque grâce à ses technologies nationales, doit également faire face à cette problématique. Les entreprises américaines proposent des solutions de cloud souverain, mais cela ne résout pas les problèmes de dépendance sous-jacents.

19 Apr 2026
3 min de lecture
491 mots
Un rapport s’alarme de la montée des tensions qui pèsent sur la ...
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La question de la sécurité européenne face à la dépendance croissante aux services de cloud américains est plus que jamais d'actualité. Selon un rapport du Future of Technology Institute, cité par Le Monde, plus de trois quarts des pays européens s'appuient sur des services de cloud américains pour des fonctions cruciales liées à leur sécurité nationale.

Les risques liés à cette dépendance

Cette dépendance pose un risque considérable : en cas de tensions accrues avec les États-Unis, l'accès aux données et aux services en ligne pourrait être interrompu, un phénomène désigné dans le jargon par le terme « kill switch ». Les services numériques, notamment ceux liés à la défense, reposent fortement sur des technologies développées par des entreprises américaines.

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Une étude révélatrice

Le rapport met en évidence que les systèmes de sécurité nationale de 23 des 28 pays étudiés (membres de l'UE et Royaume-Uni) semblent reposer sur des technologies américaines. L'étude s'appuie sur des données publiques provenant des sites des ministères de la Défense, des médias et des registres des marchés publics. On y retrouve de nombreux contrats conclus avec des géants tels que Microsoft, Google, Amazon et Oracle.

Les pays les plus exposés

Selon les conclusions du rapport, 16 pays présentent un risque élevé face à un éventuel « kill switch » américain. Parmi eux, on retrouve des puissances militaires majeures comme l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, qui, avec la France, constituent des acteurs clés sur la scène militaire européenne.

La situation de la France

La France, bien que moins exposée au risque en raison de ses technologies logicielles nationales (telles que celles développées par Thales avec le Thales Nexium Defence Cloud), est tout de même classée avec un « risque moyen ». Cette position s'explique par son utilisation de technologies américaines. Paris est en quête de solutions nationales ou européennes pour réduire cette dépendance.

Une prise de conscience croissante

Face à cette prise de conscience croissante, les entreprises américaines tentent de rassurer en proposant des services de cloud « souverain », qui auraient pour but d'échapper aux potentielles menaces émanant de l'administration américaine. Cependant, comme le souligne le Future of Technology Institute, « cet étiquetage ne résout pas les problèmes de dépendance sous-jacents ». En effet, Washington peut imposer à ses entreprises l'obligation de transmettre les données stockées à l'étranger.

Les conséquences potentielles

Les sanctions américaines pourraient également avoir des répercussions significatives. En cas de tensions diplomatiques, les mises à jour de maintenance et de sécurité pour les services cloud pourraient être suspendues, laissant ainsi les infrastructures des pays européens vulnérables.

Conclusion

En somme, la dépendance des pays européens aux technologies américaines soulève des questions cruciales en matière de sécurité nationale. Alors que la quête de solutions souveraines se renforce, il est impératif de réfléchir à des alternatives durables pour réduire cette dépendance et garantir la sécurité des données sensibles au sein de l'Union européenne.