La question de la sécurité européenne face à la dépendance croissante aux services de cloud américains est plus que jamais d'actualité. Selon un rapport du Future of Technology Institute, cité par Le Monde, plus de trois quarts des pays européens s'appuient sur des services de cloud américains pour des fonctions cruciales liées à leur sécurité nationale.
Les risques liés à cette dépendance
Cette dépendance pose un risque considérable : en cas de tensions accrues avec les États-Unis, l'accès aux données et aux services en ligne pourrait être interrompu, un phénomène désigné dans le jargon par le terme « kill switch ». Les services numériques, notamment ceux liés à la défense, reposent fortement sur des technologies développées par des entreprises américaines.
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Une étude révélatrice
Le rapport met en évidence que les systèmes de sécurité nationale de 23 des 28 pays étudiés (membres de l'UE et Royaume-Uni) semblent reposer sur des technologies américaines. L'étude s'appuie sur des données publiques provenant des sites des ministères de la Défense, des médias et des registres des marchés publics. On y retrouve de nombreux contrats conclus avec des géants tels que Microsoft, Google, Amazon et Oracle.
Les pays les plus exposés
Selon les conclusions du rapport, 16 pays présentent un risque élevé face à un éventuel « kill switch » américain. Parmi eux, on retrouve des puissances militaires majeures comme l'Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni, qui, avec la France, constituent des acteurs clés sur la scène militaire européenne.
La situation de la France
La France, bien que moins exposée au risque en raison de ses technologies logicielles nationales (telles que celles développées par Thales avec le Thales Nexium Defence Cloud), est tout de même classée avec un « risque moyen ». Cette position s'explique par son utilisation de technologies américaines. Paris est en quête de solutions nationales ou européennes pour réduire cette dépendance.
Une prise de conscience croissante
Face à cette prise de conscience croissante, les entreprises américaines tentent de rassurer en proposant des services de cloud « souverain », qui auraient pour but d'échapper aux potentielles menaces émanant de l'administration américaine. Cependant, comme le souligne le Future of Technology Institute, « cet étiquetage ne résout pas les problèmes de dépendance sous-jacents ». En effet, Washington peut imposer à ses entreprises l'obligation de transmettre les données stockées à l'étranger.
Les conséquences potentielles
Les sanctions américaines pourraient également avoir des répercussions significatives. En cas de tensions diplomatiques, les mises à jour de maintenance et de sécurité pour les services cloud pourraient être suspendues, laissant ainsi les infrastructures des pays européens vulnérables.
Conclusion
En somme, la dépendance des pays européens aux technologies américaines soulève des questions cruciales en matière de sécurité nationale. Alors que la quête de solutions souveraines se renforce, il est impératif de réfléchir à des alternatives durables pour réduire cette dépendance et garantir la sécurité des données sensibles au sein de l'Union européenne.
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